Dans ce Meccano spatial, des modules gonflables pourraient devenir des éléments clés. Légers à transporter mais fragiles, ils doivent d’abord subir des tests sévères qui ont déjà commencé. La Nasa met en effet à l’épreuve un prototype, réalisé par la société ILC Dover, spécialisée dans tout ce qui se gonfle. L’engin se trouve désormais au centre de recherche Langley, à Hampton en Virginie.
Avec ses 3,65 mètres de diamètres, ses quatre pieds, son sas (lui-même quadripode), ce module est avant tout un démonstrateur pour valider le concept Bibendum. « Des structures gonflables peuvent être utilisées pour réaliser des passages entre différents quartiers de vie ou de travail » explique Chris Moore, du programme de développement des technologies d’exploration (Exploration Technology Development Program). Des conduits souples relieraient ainsi des habitations construites en dur.
« Elles pourraient aussi, ajoute-t-il, servir d’abri contre les radiations si elles sont couvertes avec du régolithe lunaire ». Le régolithe est cette fine poussière qui recouvre le sol sélène. La protection contre ces radiations, très dangereuses pour les astronautes, constitue en effet un problème ardu et critique. Mais en second lieu figure aussi la question de l’élimination du régolithe sur les vêtements et les instruments.
Au cours de la phase d’études suivante, les mêmes équipes chercheront à comparer structures gonflables et structures. Ces équipements expérimentaux prendront ensuite, en 2008, la route de l’Antarctique où ils pourront être testés en milieu vraiment inhospitalier.